Retour au menu principalACCUEIL

Poèmes de Jérôme Morin, Les oiseaux, la nature, la reconnaissance.

Poèmes

_______________________________________________________

désir d'aile 

Je meurs, car mes yeux
voient l'extérieur à des lieues
Je sens la brise fraîche du matin
frôler la porte-fenêtre du jardin.

Mais ce bonheur m'est interdit
comme un petit malade au lit
on m'apporte quelque nourriture
pour que l'agonie soit moins dure.

J'entends parfois mes amis
qui eux n'ont pas été punis
ils s'amusent et tourbillonnent...
que la liberté doit être bonne !

Un jour peut-être m'en irai-je
pour pouvoir enfin picorer la neige
boire l'eau claire qui coule du ruisseau
et manger un doux ver de terreau.

J'ai mal au bout des ailes
la liberté m'appelle ! ! !
mais cet être qui dit m'aimer
me garde toujours prisonnier !!!

j'ai beau hurler qu'on me rende la vie
on ne comprend pas, parfois on sourit
on me dit " oh qu'il est joli !"
mais dans mon cœur je suis meurtris.

Quel mal ai-je donc commis ?
pour être fait prisonnier à vie ?
le ciel bleu ne restera qu'un mirage
ne jamais sentir le coton d'un nuage
car je serai jusqu'a ma mort, un oiseau en cage...

Jérôme Morin

_______________________________________________________

 

Re(co)nnaissance...
 
 Ce matin, je sauvais un oiseau
 Posé immobile au bord de l'eau
 Son regard résolu, face à la mort
 Il voyait en moi un prédateur à tort.
 
 Dans le creux de mes mains
 Il se demande soudain
 Par quel curieux tour de magie
 Il est encore en vie.
 
 Ce matin encore, deux êtres semblables
 Portant des vêtements verts et un cartable
 Lui lançaient des billes de plomb
 Sortant d'un engin aux bruits de démon.
 
 Sa fragilité le clou sur place
 Mais la douleur soudain s'efface
 Voilà que l'inconnu lui bande la patte
 Et lui administre un remède avec hâte.
 
 Il l'enferme maladroitement dans un boite noire
 Pour qu'il se repose ? Ou l'emmène-t-il à l'abattoir ?
 Plus de bruit, un terrible silence
 Qui laisse le rapace dans le doute et l'ignorance...
 
 Soudain la boite remue et s'ouvre à la lumière
 Et ce qu'il croyait être son dernier souffle d'air
 Revient à lui comme un délivrance
 Le revoilà, sur un lieu de connaissance.
 
 Peu après, cette liberté
 qu'il croyait à jamais condamnée
 Lui est à nouveau offerte
 Vite ! Le voilà qui déserte !
 
 Il s'envole sans se retourner
 Reprend de l'altitude pour s'éloigner
 De cette terre si dangereuse
 Aux silhouettes vertes et faucheuses.
 
 L'oiseau pense malgré tout
 À cet homme, au regard doux
 Qui à sauvé sa patte écorchée...
 Mais également, sans le deviner
 3 êtres affâmés, d'une nichée condamnée..
 
 ****
 
 Militer, protéger et se mobiliser
 Sont des actes peu rémunérés
 qui font appel aux sens humains
 À l'amour gratuit de son prochain.
 
 Ne nous prétendons pas race supérieure
 Alors que par notre faute, tant d'espèces se meurent
 Soyons humbles et protégeons notre planète
 Avant qu'elle ne décide de nous rendre obsolètes...

Jérôme Morin

Haut de page